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Jalel EL
GHARBI Laurent FELS :
Comme un sourire – مثـــــل
ابتسامـــــــــــة
– Wie ein Lächeln Penser
son rêve, rêver sa pensée
« Au
commencement, il y a la fin», insinue cette pensée amoureuse de Laurent FELS.
Cette fin que le recueil affiche dès le poème liminal vaut par la conscience
qu’elle laisse entrevoir, par le doute qu’elle entretient et par la ferveur du
dire qu’elle fait naître. Conscience, doute et ferveur dis-je. Autant de
qualités indispensables au poète. À lire
Laurent FELS, on finit par se demander si l’on n’est pas d’abord une conscience
de notre finitude. Peut-être qu’exister, avec toutes ses modalités, surtout
celle de l’amour, est-il un pur être pour le néant. Nos amours sont imparfaites
et nous sommes mortels. Et il y a des aphorismes que les poètes n’ont fait que
répéter. Pourtant, ils ont toujours gardé l’émerveillement des choses
nouvellement nées : « La vie n’est qu’un songe irrécupérable, /à tout jamais
perdu », dit la sentence du poète. Sous la plume de Laurent FELS,
l’imperfection de nos amours est l’expression de cette tare ontologique qui
fait que nous sommes irrévocablement condamnés à l’insatisfaction.
Pourtant, il faut vivre, aimer et célébrer la vie et ses amours. Vivre et
songer, car c’est dans la synonymie du vivre et du songer que la poésie trouve
sa justification. « Vivre » ? C’est, en toute conscience, se laisser prendre
dans les rets de la vie. « Songer » ? À la fois penser et rêver, penser son
rêve et rêver sa pensée. Nos amours sont ce qui se prête le mieux au survol du
rêve et de la pensée parce que l’abîme est infranchissable entre l’infini du
désir et le fini du plaisir. Le désir nous fait oublier que le plaisir ne
va qu’à sa perte, qu’à notre perte « Comme les derniers bouts de chair / qui se
touchent timidement, / les corps se hâtent / vers le néant » alors que le désir
promettait « comme une vie / sans fin ». Face au
néant, le poème se fait le lieu d’un creusement, d’une quête ou d’une exigence
: trouver la chose sans ses attributs : c’est le motif de la bouche sans voix
ou celui des oreilles sourdes. Motifs concourant à signifier que toute prise de
parole est promise au malentendu, au quiproquo. Mais à la réflexion, ce qui est
visé ici, c’est sans doute l’essence des choses et non pas les choses
elles-mêmes. Ce monde où les choses sont dispensées de leur utilité fait penser
à la sphère du métaphorique, ce qui est comme, ce qui ne peut être dit que par
le détour du comme. Choses immatérielles ; lumières sans ignition. C’est sans
doute pour cette raison que le recueil de Laurent FELS a choisi de s’intituler Comme
un sourire. _____________ Laurent FELS, Comme un sourire – مثـــــل
ابتسامـــــــــــة – Wie
ein Lächeln, édition trilingue, traduction en arabe par Jalel EL GHARBI,
traduction en allemand par Rüdiger FISCHER, avec des illustrations en couleurs
de Janine LAVAL, Montreuil-sous-Bois, Éditions Joseph Ouaknine, 2006, 168
pages, ISBN : 2-916090-53-3, prix : 20,00 €. Chaque exemplaire est
numéroté et a une couverture unique en cuir. |
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