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clarté soit garantie, l’auteur doit respecter minutieusement les règles de la grammaire et de la syntaxe. Par ailleurs, il ne doit utiliser les mots que dans leur sens « propre et exact ». A cela s’ajoute que toute expression vulgaire ou pénible est à éviter. Dans cet ordre d’idées, l’ouvrage de Vaugelas intitulé Remarques sur la langue française joue un rôle prépondérant. Malherbe et Balzac se sont appuyés sur ce livre monumental qui constitue un véritable « bréviaire du bien-parler ».

 

3. La genèse et les grands principes de la doctrine classique

      Même si les travaux de Malherbe et de Balzac ont été très fructueux, ils ont malheureusement été insuffisants. D’autre part, ils sont souvent contradictoires et dispersés. Une nouvelle théorie s’avère donc inévitable. Celle-ci consiste d’abord à ne plus rechercher les règles dans les œuvres d’art des auteurs antiques, mais plutôt dans leurs ouvrages théoriques qu’il faudra ensuite justifier et illustrer à l’aide d’exemples précis dans la suite. C’est avant tout aux Italiens que les Français doivent beaucoup : ceux-ci ont une avance d’à peu près cent ans sur les habitants de la France. Les Italiens se réfèrent presque exclusivement à la Poétique d’Aristote qui a été traduite en latin en 1498 et éditée en grec en 1503. A partir de l’année 1527, les éditions et commentaires d’Aristote connaissent une véritable vogue. Les principaux exégètes de l’œuvre aristotélicienne sont Vida, Scaliger et Castelvetro. En fait, c’est à travers leurs commentaires et traductions que les Français ont appris à connaître les écrits du philosophe grec. Comparée à la Poétique d’Aristote, l’Epître aux Pisans d’Horace est relativement faible. D’autre part, l’Art poétique de Boileau, bien que d’une très grande qualité, ne sera qu’un ouvrage de vulgarisation du texte aristotélicien. Il n’a rien inventé de nouveau, mais il a su exprimer l’essentiel mieux que ces prédécesseurs. Même en matière de genre dramatique, les critiques s’appuient sur la Poétique. Cependant, il faut ajouter que les commentaires des Italiens ont parfois modifié l’œuvre originale de sorte que les Français n’ont pas connu la traduction exacte du texte grec. Le travail des écrivains français consiste à systématiser, à clarifier et à exposer l’œuvre ainsi qu’à en donner des vues nettes.

      Le plus ancien des principes littéraires est celui de l’imitation des Anciens. Cependant, pour les hommes du XVIIe siècle, l’art est une doctrine solide et serrée qui se base sur des règles strictes. On commence à se poser des questions sur l’imitation, et principalement sur le fait d’imiter la nature : faut-il que ce soit une reproduction servile et exacte à l’instar d’une photographie ? Les écrivains répondront par la négative : l’artiste doit faire un choix ; il doit « farder » ou forcer la nature afin de mieux pouvoir la représenter. Par surcroît, il ne faut pas représenter toute la nature, mais choisir ce qui est beau en elle. L’homme, avec ses mœurs, son caractère et ses passions est au centre de la nature. Les écrivains s’intéressent donc surtout à la psychologie alors que le monde extérieur est négligé. Presque tous les théoriciens classiques rejettent la conception d’un art réaliste, « asservi à la stricte copie de la nature »[7] ainsi que celle d’un naturalisme qui engloberait l’ensemble de la nature. Le plus important, c’est que l’art isole son objet et en dégage les principales caractéristiques. La nature doit être idéalisée plutôt que reproduite de façon fidèle. Cependant, l’œuvre doit cacher un fond moral dont l’essence et la raison d’être sont formées. Par ailleurs, les théoriciens du XVIIe siècle recommandent l’équilibre entre le vrai et le goût du public : tout propos déshonnête ainsi que tout spectacle désobligeant et pénible sont à écarter. L’œuvre susceptible de plaire doit être vraisemblable jusque dans les moindres détails. D’autre part, elle doit être universelle dans ses peintures et respectueuse des bienséances : même si c’est nécessaire, tout cela a l’air d’être négatif. Si l’extraordinaire doit surprendre, il ne doit pas paraître impossible, mais il faut qu’il reste dans les limites du vraisemblable.

 

4. Quelques réflexions concluantes sur la poésie lyrique

      Contrairement au théâtre et à l’épopée, la poésie lyrique n’est pas astreinte à des règles aussi précises. Voilà pourquoi les débats qui concernent ce genre visent à une mise au point de la tradition plutôt qu’à une réforme de la théorie du genre lyrique. La question principale pourrait être résumée de la façon suivante : enthousiasme ou raison ? Avant d’y répondre, il convient de donner quelques renseignements étymologiques sur le substantif « enthousiasme » : il dérive du verbe grec « enthousiatsein » qui a le sens de « être inspiré par la divinité ». A partir de ce verbe, on a formé



[7] Op. cit. p. 39.

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