BluePink XHost |
Gazduire site-uri web nelimitata ca spatiu si trafic lunar la doar 15 eur / an. Inregistrare domenii .ro .com .net .org .info .biz .com.ro .org.ro la preturi preferentiale. Pentru oferta detaliata accesati site-ul BluePink |
|
un mot, Qu’on [sic]
songe, en effet, que la "prose d’art" n’existait pas alors et qu’il
n’y avait guère, entre le style relâché de la conversation et le style soigné
de la poésie, cet intermédiaire aujourd’hui courant, d’une prose
"artiste". »[4] À cela s’ajoute que la
syntaxe doit subir des variations en poésie que la prose lui refuse. Dans ce
cas, l’expression prendra une force nouvelle de par son étrangeté et sera plus
frappante que la prose. A côté de cette réforme
syntaxique, il y en a une deuxième : celle de la langue. En d’autres
termes, jusqu’à présent, on prônait la beauté du latin au détriment de la
langue française. Les réformateurs cependant recommandent le recours au
français dans la composition de poèmes : cette langue a ses propres
« qualités de douceur, d’harmonie, de richesse »[5] qui lui permettront de
rivaliser avec la langue des Anciens, à condition cependant qu’elle soit
travaillée. Ce sont là des arguments avancés par Du Bellay pour encourager les jeunes
poètes à utiliser leur langue maternelle. Toutefois, il faudra enrichir la
langue poétique française en empruntant des expressions aux dialectes
provinciaux, lyonnais, wallon, picard ainsi qu’au « vieux langage
françois ». Par ailleurs, les écrivains
ne doivent pas hésiter à forger de nouveaux mots s’appuient toutefois sur des
expressions existantes. Même pour la versification, Ronsard et Du Bellay
proposent des nouveautés : ils donnent des conseils sur la richesse de la
rime, sur les e muets à l’intérieur des vers, sur l’emploi de
l’alexandrin et du décasyllabe ainsi que sur l’alternance des rimes masculines
et féminines, sur la césure, l’hiatus et l’enjambement. Il y a une véritable
codification de l’art poétique qui est en train de s’établir. 2. Les conceptions littéraires de Malherbe et Guez de Balzac Si Malherbe constitue le maître en matière de poésie, Balzac est sans
doute celui de la prose. La principale caractéristique du genre prosaïque est
qu’il est exempt de toute règle. L’apport de Balzac est en ce sens important
puisqu’il propose un art de la prose. Revenons d’abord à Malherbe.
Nous ne possédons ni un Art poétique, ni un Traité qui soient dus
à sa plume. C’est grâce aux souvenirs de ses amis et des ses disciples que nous
connaissons les conceptions de ce grand maître. Selon Malherbe, la poésie est
une danse alors que la prose est comparable à la marche ordinaire. L’écriture
poétique est un jeu qui a des règles portant sur la langue, la versification,
ainsi que sur le style. Contrairement à ce qu’affirmait Du Bellay, il ne faut
pas forger des expressions nouvelles. Il importe uniquement de respecter la
syntaxe ainsi que la grammaire et d’éviter toute licence poétique. En résumé,
la langue poétique n’a d’autres droits que celle de la prose. Somme toute, il
n’existe pas de langue poétique à proprement parler. Malherbe va encore plus
loin : le style de la poésie doit même avoir les qualités de la prose.
Ainsi, dans le Commentaire sur Desportes, il relève à plusieurs reprises
ces « impropriétés, ces obscurités et surtout ces redondances »
d’expression qui sont dues à la plume d’un écrivain qui a été gêné par les
contraintes du vers. Autrement formulé, les bons vers sont en premier lieu une
excellente prose où aucune licence n’est permise. L’influence de Malherbe
fut décisive : ses conceptions ont entraîné une foule de poètes sans
imagination et à l’expression abstraite, mais en même temps, il n’y a plus eu
de poètes bavards et relâchés. La vraie œuvre d’art est soumise à un travail
sérieux et doit viser à la perfection. On peut dire que le laisser-aller du
Moyen Âge est abandonné de façon définitive et que la notion d’art a fait un
pas énorme grâce à ce théoricien. Malherbe a souvent été accusé d’avoir tué la
poésie française et pourtant, les romantiques lui devront beaucoup. Grâce à
lui, ces derniers pourront exprimer leur sensibilité et leur imagination. En ce qui concerne Guez de
Balzac, lui non plus n’a laissé d’ouvrage didactique. Ses idées sont reprises
dans L’Apologie d’un de ses disciples. Selon lui et d’autres prosateurs
dont Buffon, l’écrivain doit composer ses œuvres de sorte qu’il puisse être
entendu par les lecteurs les moins instruits. Pour cette raison, il doit obéir
à la raison jusque dans les moindres détails : « le bon style n’est
autre chose que l’analyse de la pensée poussée jusqu’à ses limites
extrêmes »[6].
Par conséquent, un style médiocre n’est que le reflet d’une pensée désordonnée.
Il importe donc que le prosateur supprime tous les ornements qui feraient de
son style une certaine prose poétique où la clarté se noierait. Afin que cette |
![]() |
19 | ![]() |