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enthousiasmé l’Europe qui était
presque entièrement sous le joug du despotisme, quand même celui-ci se déclarât
éclairé. Beethoven, n’avait-il pas écrit en tête de sa troisième symphonie le
nom de Bonaparte, qu’il assimilait à un libérateur, lors de ses
premières campagnes, pour le biffer lorsque celui-ci devint Napoléon ?
De nouveau en 1830 et en 1848, la France a servi de guide à l’Europe. Nos
héros, nos idées, ont souvent emballé les peuples opprimés qui espéraient de
nous de grandes choses. Plus que jamais, dans une époque où la planète se
déshumanise au profit de la machine, au profit de forces anonymes qui tirent
les ficelles du pouvoir, il est de notre devoir de nourrir cette espérance, de
laisser entrevoir le progrès. La culture des langues (dont on dit que beaucoup
disparaissent à la même vitesse que des plantes auxquelles on n’a pas encore
donné de nom) est la condition sine qua non d’une autre voie possible,
d’une altérité qui seule peut faire barrage à l’uniformisation en train de se
produire de par le monde. Notre belle langue est de plus en
plus polluée par l’anglais, (Etiemble dénonçait ce franglais qui nous
mine) par les abréviations, les contractions de toutes sortes, les sigles dont
personne ne sait plus la signification. C’est à nous de réagir, de lui
retrouver son génie et de franciser ce qui a besoin de l’être : des termes
venus d’ailleurs dont certains sont nécessaires. Nous avons su le faire par le
passé en accueillant des mots venus de l’italien, de l’espagnol, de l’arabe, de
l’allemand, en leur donnant une prononciation qui n’allait pas trop à l’encontre
de nos règles phonétiques. L’esprit français est de nature à assimiler cela, de
même qu’il est en mesure de retrouver des mots, dans son propre vocabulaire,
des mots qu’il a peut-être abandonnés, qu’il jugeait obsolètes et qui
retrouvent tout leur sens pour signifier de nouvelles notions. On n’empêche pas
une langue d’évoluer. L’école peut et doit conduire cette évolution vers où
celle-ci semble désirable. Aidée, en cela par les médias ? Ce sera plus
difficile. Voilà, cher Ami, ce que j’avais à vous
dire. J’admire beaucoup votre pays et j’espère, pour votre peuple, que l’entrée
dans l’Europe lui permettra d’accéder très prochainement à un niveau économique
à hauteur de sa brillante culture. Je vous serre la main. Cette réflexion sur la langue m’a inspiré
le poème qui suit ; il m’est venu cette nuit et je vous le dédie bien cordialement : QUESTION DE MOTS Les mots sont les petits minéraux de la langue Que l’usage transmet, facettés par le temps ; Constamment aux aguets, ils sont toujours partants Quand il s’agit d’extraire un beau vers de sa gangue. Ils ont des teints de fleurs et des saveurs de mangue, Ils racontent l’amour aux heures de printemps ; Ils sont ceux qu’on retient, ceux dont on se détend, Le dernier qui s’inscrit sur des lèvres exsangues. Ce sont les mots qui nous permettent de penser, D’échanger avec l’autre, à l’Homme d’avancer ; C’est en toi la bonté, la liberté qui germe, Ce qui fait que tu peux offrir un peu de bien, Nouer des sentiments, former de nouveaux liens, Sans ces mots que tu tends, c’est ton cœur qui se ferme ! N. B. Cette belle lettre fut publiée avec l’accord écrit de
notre Grand Ami, M. Louis DELORME |
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