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littérature belge et d’ouvrages de référence, et enfin de rencontrer d’autres traducteurs du même auteur, ou des spécialistes du genre traduit, ou l’auteur lui-même. L’été prochain, par exemple, le dernier Prix Médicis, l’écrivain belge Jean-Philippe Toussaint, se réunira avec une dizaine de ses traducteurs au collège de Seneffe pour y travailler de concert sur le livre nominé : Fuir. Les collèges ont créé un web-site commun sur lequel il est possible de découvrir la spécificité de chacun de ces lieux d’accueil : http://bon-a-tirer.com/RECIT/

Plusieurs traducteurs bulgares de renom sont passés par Seneffe : Svetlana Dimitrova, pour une anthologie du surréalisme belge. Svetlana Pantcheva pour René Kalisky et Jean Louvet. Athanase Sougarev, détenteur du Grand Prix de l’Union des Traducteurs pour Clygès, et résident à Seneffe pour traduire Jacques Brel, Henry Bauchau et Daniel Soil. Et enfin : Krassimir Kavaldjev, pour Rodenbach, Paul Willems, Jean-Marie Piemme,  Philippe Blasband, André-Marcel Adamek et tant d’autres, ce qui lui a valu en 2004 le prix de traduction littéraire décerné par la Communauté française de Belgique au traducteur étranger qui a contribué au rayonnement des lettres belges par ses traductions Je dirige maintenant le collège de Seneffe depuis 10 ans, et ce qui m’y a toujours frappé, c’est que dans l’existence conviviale imposée des semaines durant à ces représentants de cultures si diverses, un dialogue interculturel réel s’établit et s’entretient avec bonheur. Le traducteur littéraire est sans doute le plus tolérant de tous les artistes : ne doit-il pas constamment s’ouvrir à l’Autre pour le comprendre au point de parler à sa place ? J’aimerais donc conclure en affirmant que c’est dans les Collèges de traducteurs que se forme la véritable Europe de bon aloi, celle où chaque culture se préserve dans sa spécificité et ses nuances tout en respectant et en accueillant les autres avec intelligence et bienveillance. 

Louis DELORME

 

Cher Constantin Frosin, Cher Ami,

            Vous me demandez un article pour le  prochain numéro de votre revue : Le Courrier international de la Francophilie. Comment ne pas songer tout de suite à l’émission regardée hier soir, sur France 3 : Des Racines et des Ailes. L’un des volets était consacré à votre cher pays. Cette belle Roumanie qui nous est chère, parce que si proche par le cœur, par la culture commune, ce pays qui a tant souffert sous le régime totalitaire de Ceausescu, qui a été tellement défiguré par l’ambition folle et mégalomane de ce dictateur.

            Comment ne pas être ému en voyant les images de la révolution de 89, votre révolution, avec tous ces gens du peuple qui s’adressent au cameraman en français ? C’est les larmes aux yeux que j’ai regardé ce vieux monsieur qui feuilletait un dictionnaire étymologique de votre langue en nous montrant qu’une grande partie de votre vocabulaire était affilié au nôtre.

            L’évocation du Siècle des Lumières nous a fait prendre conscience des liens de culture qui unissent nos deux pays depuis fort longtemps. Cet engouement pour la France s’est poursuivi tout au long du XXe siècle avec des artistes et des écrivains dans tous les domaines, que ce soit avec Constantin Brancusi (la sculpture), George Enesco (la musique), Eugène Ionesco (le théâtre), Emil Cioran (la philosophie), Tristan Tzara (la poésie) et beaucoup d’autres qui mériteraient d’être mieux connus.

            En ce début de XXIe siècle, dont quelqu’un a déjà dit, s’il continue de ce pas, qu’il serait le siècle des Ombres, je salue votre courage et votre détermination à poursuivre, dans la voie ouverte par nos aînés, la collaboration culturelle entre nos deux pays, à travers les nombreuses traductions ( poésie - droit - philosophie - contes) que vous menez à bien.

            Le mot FRANCE ne fait pas que désigner un pays. Beaucoup l’ont adoptée comme leur seconde patrie. Pour les idées qu’elle recouvre. Ce mot fait rêver, il a fait rêver de nombreuses générations et il fera rêver encore, à condition que nous soyons dignes d’en perpétuer et d’en propager l’image : à la fois dignes du passé et promoteurs de l’avenir. En 1789, la Révolution française a

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