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redoutables critiques de l’actuelle direction libérale et du Premier provenant des rangs du même parti.

      Les initiateurs de la loi de la lustration donnent l’impression de n’avoir eu en vue que les moyens par lesquels ils puissent mettre hors de compétition politique ou, au moins, affecter leur image publique, ceux qui ont osé critiquer les libéraux au pouvoir, même s’il s’agit du Chef de l’Etat, provenant du parti partenaire de l’Alliance au gouvernement. Les mêmes initiateurs n’ont tenu compte, ensuite, du fait que les principaux acteurs et soutiens du régime communiste se sont depuis longtemps repliés, devenant de prospères hommes d’affaires, patrons d’influents trusts de mass média, sponsors de base de tous les partis politiques, y compris de celui qui a initié cette loi. De même, les personnes en cause ont recyclé, dès les premières années du post-communisme, leurs convictions et options politiques, en orientant leurs fils et petits-fils vers des formations politiques emblématiques de l’actuelle classe politique et qui se retrouvent, pour la plupart, dans les partis de droite, de centre droite et de centre. Et alors, quels seront les effets de la si invoquée et tout aussi commentée loi de la lustration ? Selon toute probabilité, la loi s’appliquera surtout aux personnes qui ont eu le moins affaire avec le service et le soutien du régime communiste, comme, entre autres, c’est le cas de l’actuel ministre des affaires étrangères, qui, pendant ses études de lycée, grâce aux résultats excellents, a été désigné pour diriger l’organisation de l’Union de la Jeunesse Communiste du lycée et coopté membre du Comité Central de cette Union !

      Ceci dit, l’on peut constater que si, sous rapport formel, la loi et la légalité ont l’air d’être respectées, sous le rapport du contenu – l’Etat de droit et la justice éprouvent une grave souffrance en Roumanie. Et ce, parce que, avant toute autre chose, la loi ne répond pas toujours à l’exigence d’être l’expression de l’intérêt général, d’être l’incarnation de l’esprit de justice.

      Une première conséquence de la transformation de la loi en un instrument des intérêts de groupe ou en un moyen de lutte politique, est celle des changements, par trop souvent, se produisant dans la sphère de la législation. Par exemple, ces dernières 15 – 16 années, des dizaines d’actes normatifs ont été adoptés pour un même domaine, l’acte le plus récent annulant celui antérieur ou lui apportant de telles modifications, que celui-ci se transforme en son contraire ! Dans la réalisation de cet incessant renouvellement législatif, est souvent enfreint le principe de l’hiérarchisation des normes de droit, en ce sens qu’une loi organique, se trouvant sur un degré supérieur par rapport à une loi ordinaire, est modifiée par des lois ordinaires ou par de simples ordonnances gouvernementales, et parfois, même par des ordres des titulaires des portfolios ministériels.

      Cette politique, absolument injustifiée, de changement de la loi d’une année à l’autre, et parfois tous les mois, représente l’un des principaux facteurs responsables de la diminution de l’autorité de la loi et du respect pour la loi. Déconsidérée d’abord par ceux qui sont les premiers à agir pour l’intronisation de la loi et de la justice dans toutes les sphères de la justice sociale, donc par ceux qui font et appliquent les lois, la loi perdra progressivement son autorité aux yeux du simple citoyen. Un certain on-dit court aujourd’hui les rues de la Roumanie : à quoi ça rime de s‘efforcer à respecter aujourd’hui une loi, puisque, à coup sûr, demain cette loi sera modifiée…

      A cause de cette prolifération rarement rencontrée ailleurs, un véritable hallier/enchevêtrement législatif, où même les professionnels animés par les meilleures intentions se perdent facilement et, à plus forte raison, ceux qui ont tout intérêt à transgresser la loi. La cohérence de la législation est elle aussi gravement affectée, qui est une condition absolument nécessaire pour la viabilité et le fonctionnement optimal de tout système de droit. Et elles ne sont pas rares les situations où bien des prévisions de tels actes législatifs contreviennent d’une manière flagrante aux principes fondamentaux de droit ou aux principes constitutionnels et, implicitement, aux valeur conférant autorité et force à la loi.

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