bancuri, glume, imagini, video, fun, bancuri online, bancuri tari, imagini haioase, videoclipuri haioase, distractie online Pe HaiSaRadem.ro vei gasi bancuri, glume, imagini, video, fun, bancuri online, bancuri tari, imagini haioase, videoclipuri haioase, distractie online. Nu ne crede pe cuvant, intra pe HaiSaRadem.ro ca sa te convingi.

 

La voix
coupée
par d’éternelles
aposiopèses
s’est incrustée
dans le
vide.

Les heures
restent obscures
sous l’apparence
émergée du grand jour.

Il ne fallait pas dire:

« Je suis ».

© Laurent FELS, 2006, inédit

 

Teodora FÎNTÎNARU

 

LE LIVRE EN TANT QU’OBJET DU DON

 

« Moi, Matei Basarab Voïvode, avec la divine bénédiction, Prince régnant de tout le Pays Hongro-Valaque et des contrées d’au-delà des montagnes, Herteg d’Amlas et Fagaras et les autres… je vous fais don, à vous, mes sujets, d’un livre fait dans ma typographie, par Dieu inspiré - nommé psautier, que le (Dieu) saint de la bouche de David aura extrait ».

Notre souhait fut de pénétrer dans l’agité Moyen Âge roumain et de découvrir, en marchant sur les brisées des voyageurs étrangers dans les Pays Roumains, en quelle mesure le livre faisait l’objet du don ou de l’échange et comment cela se passait, quels en étaient les actants et quelles en étaient les conséquences culturelles, ou sur l’âme roumaine.

Mais, captivée par cette idée, nous nous sommes rendue compte que, à cause tant des sources - qui paraissent être inépuisables, que parce que l’on est - de plus en plus souvent - la proie sûre d’un ici et d’un maintenant impératifs, le don de livre en tant que coutume diplomatique, paraît ne pas être devenu une… coutume dans l’espace géopolitique roumain, transformé, trop souvent, en un patient tragique de l’histoire. 

Nous avons considéré nécessaire de transférer l’intérêt dû au livre au-delà de la frontière purement phénoménologique, id est expérimenter, du point de vue du don, ce que Al. Ofrim appelait l’hétéro-praxis du livre, concept renvoyant à une autre sorte d’utilisation de l’écriture et du livre, « indépendante du contenu ».

Apprécié par M. Mauss comme « phénomène culturel total », le don a, ethnologiquement parlant, une fonction sociale bien fixée, l’accolade terminologique qu’elle génère étant assez large et hospitalière d’une époque historique à l’autre.

Quelle applicabilité a le don de livres dans l’espace médiéval roumain, à quel niveau et dans quelle mesure il acquiert « la fonction de maintenir l’équilibre et l’ordre dans les relations interhumaines » (Ofelia Vaduva), sont autant de questions que la présente tentative lance comme une possible étude relative à la pratique du don dans le domaine du livre et de l’écriture.

Dans l’Introduction au livre de Mauss, Nicu Gavriluta parle d’un véritable « histrionisme du don chez les Roumains : le travail, le don augural, les chants rituels, la danse, le don alimentaire » et leurs nombreux succédanés, bien fixés et perpétués par la tradition. Le plus souvent, le don suppose

25